L'atelier
Le savoir-faire
Quatre temps
Rien ne presse
ce qui doit durer.
Une pièce Vaubert traverse quatre temps, toujours dans le même ordre, toujours sous le même toit. Entre quarante et quatre-vingts heures séparent le rouleau d'étoffe du vêtement fini.
L'étoffe
Tout commence chez les drapiers : Tarn, Écosse, Piémont, Lyon. Claire Vaubert choisit chaque tissu à la pièce, à la main et à la lumière du jour. Un tissu refusé n'est jamais remplacé par un compromis — le modèle attend la bonne étoffe, parfois une saison entière.
La coupe
Nos coupeurs travaillent à plat, au craie et aux ciseaux, sur des patrons dessinés à l'atelier. Le droit-fil est vérifié pièce par pièce ; les raccords de motifs se font au millimètre. Une matinée entière peut être consacrée à la coupe d'un seul manteau.
L'essayage
Pour le sur mesure, une toile est montée avant le vêtement définitif. Deux à trois essayages permettent d'ajuster l'aplomb, l'épaule, la longueur — jusqu'à ce que le vêtement se fasse oublier. Votre patron, corrigé, est conservé à votre nom.
La finition
Boutonnières milanaises, ourlets invisibles, doublures posées à points glissés : les finitions main occupent à elles seules un tiers du temps de fabrication. C'est là, dans ce qui ne se voit presque pas, que se joue tout ce qui se sent.
Les métiers
Quatre métiers, un établi.
Coupeurs
Gardiens du patron et du droit-fil. Dix ans de métier au minimum avant de couper seul une étoffe de maison.
Mécaniciennes
L'assemblage, la précision des piqûres, la tenue des courbes. Le squelette invisible de chaque pièce.
Finisseuses
Le travail à l'aiguille : boutonnières, ourlets, doublures. Le geste le plus lent, le plus précieux de l'atelier.
Apprentis
Deux par an, quatre ans de formation. Ils commencent par le fil à bâtir ; ils finissent par transmettre à leur tour.
« La machine va plus vite que la main. Mais la main sait où elle va. »Madeleine R., première finisseuse, 31 ans de maison